Ils sont toujours aussi c.

Introduction

(Ouille !)

Oncle François-Marie, vous me faites l’immense honneur et l’incommensurable plaisir de me convier à ce voyage en votre compagnie chez la reine de Prusse, Angela 1ère. Sa Majesté vous surprîtes également de ce que vous m’avez baillé à Ferney. Il est tant vrai que l’austère pays où elle naquit ne se prête pas à la philosophie. N’avez-vous crainte qu’elle ne vous garde cette fois-ci en ses rets et ne vous fasse consumer à petit feu, à l’instar de ses ancêtres teutoniques ? Je ne puis vous cacher mes craintes mais aussi ma joie de vous avoir plus longs moments en compagnie. Et cela m’est bonheur de vous voir revivre en ce carrosse brinque­balant dont je viens de compter notre quatorzième passage en relais de poste. Cependant, pardonnez-moi mon oncle, mais les lits de ces relais nous laissent peu de répit tant ils sont habités et nous forcent à avoir mains lestes pour grattements et démangeaisons assurés à chaque nuitée ! Lors de notre arrivée au prochain relais, je ne manquerai pas de promettre moult coups de bâton à l’aubergiste s’il ne nous livre bonne lierie et draps maculés ; sans compter un repas et bon pinot gris de cette Suisse en accompagnement de soupers, rots et mignardises. Pour peu qu’une accorte servante… – Mon neveu, me voici sourire à vos saillies et moqueries. Le décès de ma chère Émilie, il y a peu ne m’autorisait plus pareils instants. Aussi, je vous suis gré de tant de sollicitude, surtout d’avoir accepté de suivre le vieillard que je deviens. Je ne vous serai pas de bonne compagnie. Je vous le tiens à prévention car la reine Angela, que je connu au rebours des années 1740, n’est guère en partage de ma personne et risque d’accaparer le temps que j’aimerais à vous consacrer, tant il me plaît de vous entendre babiller ou voir ouïr le frère de votre mère. S’il appert que notre divin souverain le roi Nicolas l’Excité ou son possible successeur, le prince d’Ussel, François IV le Flasque, après son couronnement se rend aux pieds de la reine pour lui rendre hommage et obligations dus à son égard, j’aurais alors plus de temps à vous voir ne serait-ce que folâtrer avec d’accortes Prussiennes aux mamelles arrogantes.

Vous constaterez mon neveu que depuis que nous avons abandonné notre domaine de Ferney, ce voyage nous laisse déjà loisir à parlements quand bien même cette diligence contribue à rendre mes rhumatismes insupportables! Mais qu’est-ce que rhumatismes à comparaison de l’affreux supplice enduré par le malheureux Calas ? Ne nous plaignons point trop et acceptons le maltraitement dont je subodore qu’il sera largement dédommagé en accueil à bras ouverts de la reine Angela, puisque telle est la volonté de sa majesté de me voir en son palais de Sanssouci.

Mais brisons là mon cher neveu. Nous aurons tout loisir d’évoquer à nouveau de la reine Angela lorsque nous serons en Prusse. Dans l’attente du prochain relais, j’aimerai vous entretenir du dernier ouvrage que vous m’offrîtes lorsque je sollicitai votre sagacité et vos savoirs parisiens quant au sieur de Zemmour.

Souvenez-vous mon neveu de ce que je vous relatais quand, cet hiver dernier à Ferney, nous nous tenions près de la cheminée à tisonner tant le froid mordant du dehors pénétrait en notre logis.

J’ai eu donc le temps de lire, voire relire l’ouvrage si justement dédicacé. Après avoir ri et bien souri de la maltraitance des paltoquets de ce royaume de France, des déboires et arlequinades de sa majesté Nicolas 1er le Fouquet’S, des cacopho­nies de la reine Carla, des mésaventures des princes, ducs et barons. Il se trouve en ces jours de voyages dans cette malheureuse diligence, que je me prends à rêvasser d’un autre volume qui courait ces temps incertains qui voient se déchirer le roi Nicolas 1er et le prince de Hollande pour la succession au trône.

– Que les dieux de l’Olympe vous entendent mon oncle !

– Laissez donc ces superstitions mon neveu et toutes affaires cessantes, lorsque nous arrive­rons, vous prendrez contact avec l’auteur et lui dire que je serai son serviteur s’il acceptait de poursuivre en ses œuvres. Et n’oubliez pas de me bailler le montant de votre communica­tion téléphonique !

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