euro

Lorsque la monnaie unique fut introduite, en 1992, dans le traité de Maastricht comme pièce majeure d’une union sans cesse plus étroite entre les peuples de l’Europe, les signataires du traité pouvaient-ils se douter que vingt ans plus tard cette même monnaie serait la cause principale de leur désunion et sonnerait la fin de la construction d’une Europe supranationale ?

Dès l’origine, l’euro fut un instrument politique. En 1990 Valéry Giscard d’Estaing signait, dans la revue Haute finance, un article intitulé L’Europe unifiée par la monnaie unique et Roland Dumas, alors ministre des affaires étrangères, déclarait le 27 novembre 1991 à l’Assemblée Nationale :

– Nous avons pris pour Maastricht le parti d’une mutation fondamentale vers une entité supranationale.

Le concept de monnaie unique, repose sur la méconnaissance des données historiques, culturelles et économiques des nations qui composent l’Union européenne et sur l’espoir utopique de l’harmonisation, à marche forcée et sous la contrainte monétaire, de leurs comportements.

Comment imaginer – et même souhaiter – que les génies propres des peuples allemands, espagnols, italiens, grecs ou français puissent un jour se confondre, comme des marrons dans une purée, pour reprendre la formule du Général de Gaulle ?

L’échec de la monnaie unique est désormais reconnu, certes pour des motifs souvent distincts, par un nombre croissant d’experts économiques allemands et français.

La divergence entre la compétitivité des États du nord et celle des États du sud a favorisé les exportations des premiers et déséquilibré la balance des échanges des seconds, victimes d’une monnaie surévaluée qui leur donne les moyens d’acheter mais pas de vendre.

L’appartenance des États du sud à la zone euro – contestable pour certains d’entre eux- leur a permis de vivre à crédit à faible coût, au-delà de toute raison et le poids de leur dettes les menace aujourd’hui de faillite.

Bref, en interdisant aux États d’adapter leur monnaie à la réalité de leurs économies, l’euro a, en douze ans, sapé – à l’exception temporaire de l’allemande – les économies européennes dont les responsables publics et privés, toutes tendances confondues, ont fait preuve d’un aveuglement et d’une lâcheté confondants.

Mais ce que Maastricht et les traités qui le suivirent ont fait, un autre traité peut le défaire.

Redonner aux États et aux peuples de l’Europe la maîtrise de leurs décisions, les inviter à construire une communauté d’États libres, à bâtir un nouveau système monétaire plus souple et plus proche de l’économie réelle de chacun d’eux, telle est l’ambition du projet de traité instituant une Communauté des Etats européens, rédigé en 2009 par un groupe de lyonnais et de parisiens de tous horizons politiques et qui, parce qu’ils avaient voté NON au referendum sur le projet de Traité constitutionnel européen, se disaient appartenir au Cercle du 29 mai 2005.

Dans le cadre du collectif Souveraineté animé par Roland Hureaux, les membres de ce cercle ont pris part au colloque organisé à la Sorbonne le 18 juin 2010, sous le titre Après l’Europe de Bruxelles, une France libre dans une communauté d’États souverains et dont les actes ont été publiés en mars 2011.

Poursuivant sa réflexion, ce même noyau de patriotes a compris qu’en matière monétaire aucune initiative purement française n’aurait de chance de succès si elle ne recevait pas le soutien de patriotes allemands animés du même souci.

Il s’est donc rapproché des économistes Wilhelm Hankel, Joachim Starbatty, Wilhelm Nölling qui, avec le juriste Karl-Albrecht Schachtschneider et l’ancien président de Thyssen Diether Spethmann, avaient, le 7 mai 2010, porté plainte auprès de le Cour constitutionnelle de Karlsruhe contre le premier plan européen d’aide à la Grèce.

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